Paillette

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Les histoires de Paillette sont des albums destinés aux jeunes enfants pour parler de la mort et du deuil avec des mots simples. Cette page rassemble des ressources complémentaires pour vous aider à accompagner votre enfant.

Parler de la mort avec un enfant

Guide complémentaire pour les parents

La mort fait partie de la vie, mais nous avons souvent peu de repères pour en parler aux enfants. Pourtant ils observent, ressentent et cherchent à comprendre ce qui se passe autour d'eux. Beaucoup de parents se demandent comment expliquer la mort à un enfant ou comment répondre à ses questions après un décès.


Avant de commencer

Quand un enfant pose une question, la plupart du temps, il a une hypothèse de réponse, parfois juste, parfois fausse. Pour bien comprendre le sens de sa question, je vous propose de toujours commencer par lui demander ce qu'il en pense. Ainsi, votre réponse sera la plus proche possible de son attente.

Ne lui mentez pas, même pour le protéger car cela ne fonctionne pas. Ce dont votre enfant a le plus besoin, c'est d'avoir une confiance totale en vous. Vous pouvez tout à fait lui dire que c'est difficile pour vous de répondre ou même que vous ne savez pas comment lui répondre et prendre le temps de préparer votre réponse.


Annoncer la mort à un enfant

Lorsqu'un proche meurt, les adultes cherchent souvent comment annoncer le décès aux enfants. Pourtant, ce dont les plus jeunes ont le plus besoin, c'est d'entendre la vérité avec des mots simples.

Vous pouvez dire que la personne est morte. Évitez les expressions comme "il est parti", "il dort" ou "nous l'avons perdu". Les jeunes enfants comprennent les mots dans leur sens premier et ces formulations peuvent créer de la confusion.

Il est inutile de vouloir tout expliquer d'un coup. Demandez à l'enfant s'il sait ce que veut dire le mot "mort" et laissez-lui le temps de vous répondre. Répondez à ses questions au fur et à mesure, lorsqu'elles arrivent.

Vous avez le droit de ne pas savoir répondre, soit parce que vous ne savez pas, soit parce que c'est trop difficile pour le moment. Dites-le ainsi à votre enfant, il comprendra que la porte n'est pas fermée et qu'il peut revenir avec des questions à d'autres moments.

Il est normal que vous soyez triste, ému ou bouleversé. Votre enfant comprend les émotions, il les vit pleinement. Il n'a pas besoin d'un parent parfait, mais d'un parent présent, rassurant et disponible. N'hésitez pas à proposer un câlin, cela vous fera autant de bien à l'un qu'à l'autre.


Voir le corps du défunt au funérarium

Les enfants ont besoin de concret pour comprendre la mort. Lorsqu’un proche est décédé, il peut être aidant de permettre à l’enfant de voir le corps du défunt au funérarium ou dans un autre lieu de recueillement adapté.

Avant la visite, prenez le temps d’expliquer ce qui va se passer. Dites clairement que vous allez voir le corps de la personne qui est morte, et non la personne vivante telle qu’il l’a connue. Vous pouvez expliquer : « Son corps ne respire plus, ne bouge plus et ne parle plus. Son corps ne ressent plus rien. Il est froid et rigide. »

Cette préparation évite à l’enfant d’être surpris. Elle l’aide aussi à ne pas remplir les blancs avec des images plus inquiétantes que la réalité. L’imaginaire des enfants peut être très puissant, surtout lorsqu’ils sentent que quelque chose de grave se passe mais qu’on ne leur explique pas.

L’enfant ne doit jamais être forcé à toucher le défunt, à s’approcher ou à rester longtemps. Il peut regarder de loin, poser des questions, sortir puis revenir, ou simplement rester près de l’adulte qui l’accompagne.

Le rôle de l’adulte est essentiel : rester disponible, répondre simplement, accueillir les émotions et accompagner l’enfant à son rythme.


Participer aux funérailles

Les funérailles sont un moment important. Elles permettent à l’enfant de voir que la famille et les proches se réunissent pour dire au revoir à la personne décédée.

Avant la cérémonie, expliquez-lui simplement où elle aura lieu, qui sera présent, et que certaines personnes pourront pleurer tandis que d’autres pourront sourire en parlant de souvenirs. Ces réactions sont normales.

Il n’est pas nécessaire de tout détailler à l’avance. Les cérémonies peuvent être différentes selon les familles, les lieux et les croyances. L’important est que l’enfant sache qu’il sera accompagné et qu’il pourra poser ses questions.

Prévoyez, si possible, un adulte référent pour lui. Cette personne sera disponible pour l’enfant pendant la cérémonie. Si l’enfant a besoin de sortir, de marcher, de poser une question ou de faire une pause, cet adulte pourra l’accompagner.

Inclure un enfant dans les funérailles ne signifie pas lui demander de se comporter comme un adulte. Cela signifie lui donner une place, avec ses besoins d’enfant, dans un moment qui concerne toute la famille.

Il me paraît important de ne pas faire porter à l'enfant la responsabilité de décider seul s'il participera ou non à la visite du funérarium ou aux funérailles. Lorsqu'il ne sait pas ce qu'est un funérarium, ce qu'il va y voir ou ce qui se passe lors d'une cérémonie, il ne dispose pas des éléments nécessaires pour faire un choix éclairé. Sa réponse risque alors de s'appuyer davantage sur ses peurs, son imagination ou les émotions qu'il perçoit chez les adultes que sur la réalité de la situation.

Il est souvent plus aidant de lui expliquer simplement ce qui va se passer et de l'inclure dans ce qui concerne sa famille. Vous pouvez par exemple lui dire : « Tu sais que Lumi est morte. Je vais aller voir son corps au funérarium et j'aimerais que tu viennes avec moi. Je serai là pour t'expliquer ce que tu verras et répondre à tes questions. » Ou encore : « Il va y avoir une cérémonie pour dire au revoir à Lumi. J'y serai, et je pense que c'est important que tu puisses y avoir ta place aussi. »

En revanche, l'enfant doit rester libre de son rythme. Il peut choisir de s'approcher ou non, de regarder ou non, de rester quelques minutes ou plus longtemps, de sortir puis revenir. L'objectif n'est pas de le contraindre, mais de l'accompagner dans une réalité qui le concerne lui aussi.


Les questions les plus fréquentes des enfants

Les questions des petits sont souvent déstabilisantes. N'hésitez pas à prendre conseil pour vous sentir plus solide si besoin. En voici quelques-unes.

Est-ce que moi aussi je vais mourir ?

Cette question peut être très inquiétante pour les adultes, mais elle est normale. L’enfant essaie de comprendre si la mort concerne tout le monde.

Vous pouvez d'abord questionner l'enfant : « À ton avis, est-ce que tout le monde meurt un jour ? » et l'aider en répondant simplement : « En effet, tout le monde meurt. Mais aujourd’hui, tu vas bien, je vais bien, et nous n’avons aucune raison de nous inquiéter. Est-ce que c'est ok pour toi ? Tu peux poser toutes les questions que tu veux sur ce sujet, j'essayerai toujours de te répondre. »

Est-ce que papa, maman ou les personnes que j’aime vont mourir ?

Là encore, l’enfant cherche à se rassurer. Il ne demande pas une grande explication philosophique : il veut surtout savoir s’il est en sécurité aujourd’hui.

Vous pouvez dire : « Oui, tout le monde meurt un jour. Mais aujourd’hui, nous sommes là avec toi, nous prenons soin de toi, et nous allons bien. »

Est-ce que c’est de ma faute ?

Beaucoup d'enfants se posent cette question. Les jeunes enfants peuvent parfois penser qu’une parole, une colère, un geste ou une pensée a provoqué la mort. Il est important de les rassurer clairement après les avoir questionnés : « Qu'est-ce qui te fait penser que ce pourrait être ta faute ? »

Vous pouvez dire : « Non, ce n’est pas ta faute. Tu n’as rien fait qui a causé la mort de Lumi. Ce n'est la faute de personne. »

Pourquoi je suis triste ?

La tristesse est une réaction normale quand quelqu’un qu’on aime est mort. Elle peut venir très fort, puis repartir, puis revenir plus tard.

Vous pouvez dire : « Tu es triste parce que Lumi te manque. C’est normal. Je suis là avec toi. »

Pourquoi je ne suis pas triste tout le temps ?

Les enfants vivent souvent le deuil par moments. Ils peuvent pleurer, puis jouer, rire ou demander un goûter quelques minutes plus tard. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas compris ou qu’ils n’aimaient pas la personne décédée.

Vous pouvez dire : « Tu as le droit d’être triste, et tu as aussi le droit de jouer. Les deux sont possibles. »


Où est Lumi maintenant ?

Chaque famille a ses croyances et ses façons de voir les choses. Vous pouvez partager vos croyances à votre enfant en lui expliquant avec honnêteté que personne n'étant revenu de la mort, personne ne le sait avec certitude, mais que dans votre coeur, vous pensez que...

Ce qui est certain, c'est que la personne décédée ne reviendra jamais, que son corps ne fonctionnera plus jamais, qu'elle ne ressent plus rien, ni froid, ni chaud, ni faim, ni soif, ni douleur, ni joie.

Et chacun peut évoquer ses souvenirs, parler du défunt, regarder des photos, porter un de ses vêtements ou toute autre chose qui sera doux à vivre.


Un dernier petit mot

Bravo pour ce que vous faites dans ce moment qui est certainement très difficile pour vous aussi. Vous n'avez pas besoin d'être parfait pour accompagner votre enfant. Votre présence, votre honnêteté et votre disponibilité sont souvent bien plus importantes que les mots exacts que vous choisirez.